31.03.2012
2012
"Ainsi font font font, les petites marionnettes. Ainsi font font font, deux petits tours et puis s'en vont."
Voici que s'approchent, à grand renfort de porte-voix, de tube cathodique, d'écran plat et plasma, la grande parade des élections présidentielles. Et l'on nous montre la galerie des miroirs déformants, et voici que s'approche la caravane des monstres intrigant, de ces animaux politiques dressés à menacer, à sourire, à cajoler nos lubies de girouettes, à nous tancer de frais. Puisqu'à nous tondre, ils se sont déjà fort bien employés et que nous grelottons malgré le franc soleil sous la cruelle chaleur duquel nous nous trimballons nus, aussi nus que des vers au bout de l'hameçon. La pêche au gros, vue des profondeurs fait l'effet d'avoir été recruté par un cabinet d'aisance, perché au dessus d'une fosse du même accabit.
Et voici que dans leurs habits de transnationales s'avancent les dresseurs, la cravache des actionaires à la main ils pénètrent sous nos regards hallucinés dans la cage aux dividendes et jettent à la gueule des fauves des quartiers entiers de la chair crue de nos enfants. Le repas des fonds de pension est toujours un spectacle auquel nous sommes invités, par voix de presse à asister. L'invite d'ailleurs est pressante et fait souvenir que dans un monde à forte valeur dictatoriale, il serait du dernier mauvais goût d'avoir autre chose à faire ce jour là, à cette heure ci. A moins bien entendu que nous puissions nous passer du souverain salaire des esclaves amicalement noués aux doigts de leurs maîtres en tout.
Mais quand viennent les clown ? Nous demandons nous. Nous aimons par dessus tout les clowns. Quand le clown blanc, par exemple, balance trois cent cartouches dans la paillasse du clown islamiste, nous trouvons ça très bien, si si ! De même, quand le clown blanc signe un contrat d'armement avec un pays de clowns noirs, nous sommes satisfait, très satisfait ! Mais quand le clown jaune possède, sur le marché à terme des torgnoles dûment distribuées, la presque totalité des avoirs d'un grand pays de clowns blancs, très blancs, là on rit jaune, jaune pâle, très pâle. Alors envoyez les clowns :
- Bonjouuuur môssieur NiKolasss ! (applaudissements!)
- Eh bien le bonjuuuur môssieur Franc-choix ! (sifflets!)
- Mais qu'est-ce que vous cachez là môssieur Nikolassss ? (Rires!)
- Ca ? Mais c'est un sifflets à électeurs ! (applaudissements, très nourris!)
- Un soufflet à relecteurs ? Oh mais c'est que ça doit fouffler très fort dites moi ? (Huées!)
- Je peux le sayer môssieur Nikolasss ?
- Oh ça non, pas avant le 22 Avril (et d'un geste remet le sifflet dans sa braguette, rires poilades et applaudissements en tous genres.)
12:35 Publié dans littérature, Livre, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, sarkozi, hollande, élections, 2012, présidentielles
25.03.2012
La circulation du sang
Tout dort, d'or et de plomb copulant dans le creuset des artères obnibulées par la libre circulation des marchandises. Tout ronronne dans les oléoducs, les gazoducs. Le flot régulier de nos vies sous perfusion s'achemine à la pompe, au détendeur devant lesquels c'est vrai nous faisons grise mine, nous promettons d'aller à pied, à cheval, à dos d'âne si il le faut, de trier parmi les destinations, pour la plupart aussi vaines que de prolonger la vie de nos rêves en achetant ce dont on nous dit qu'infiniment, ça nous ressemble.
Autour des installations s'astiquent les culasses, se massent les colones de blindés, furettent les drones, se formes les milices, les légions de mercenaires, s'épanouit tout un monde lointain de troupes sponsorisées par des marques de fabrique dont nous connaissons la volonté farouche de nous créer un monde plus sûr, plus sain, plus propre, plus enjoué. Un monde où nos enfants pourrons jouer à la guerre sans craindre les balles perdues du désespoir. Au moins nous le dit-on, au moins sommes nous gentiment sommés de le croire, de le vouloir, d'en avoir follement envie, de le désirer tant que peut importe les moyens mis en oeuvre pourvu que l'oeuvre ne dépasse pas le plasma de nos écrans placentaires.
Et puis parfois dans un vaisseau si minuscule qu'on l'appelle capilaire, les cheveux se dressent, un caillot se forme par l'effet combiné de la colère d'un seul et de la servitude joyeusement consommée du plus grand nombre. Cet un seul se lève, s'arme, sort de chez lui et s'en va au nom de qui vous voudrez, hurler à la face du monde son pesant de voix inaudible hors du chant des rafales d'arme automatique. Celui-là n'est pas payé pour tuer, alors on se doit d'envoyer ceux qui le sont pour le ramener à la raison, le corps perforé. Ca ne dure qu'un instant, un instant où rien ne s'arrête hormis les badauds avisés.
Le plomb et l'or en fusion continuent de circuler, copulent en des courbes qui jamais ne s'inquiètent des dégats collatéraux. Tout dort, du sommeil du juste.
16:27 Publié dans Blog, littérature, Musique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, toulouse, montauban, terrorisme
24.03.2012
Bach
Quelque chose vient, aussi concentrique en sa lumière que le soleil d'hiver qui fait se dévisser les têtes de leur orbite sous-terraine. Quelque chose qui a à voir avec la musique que l'on perçoit quand le silence tout à fait se fait. Il ne reste plus rien que ce quelque chose, dont sans doute il n'est rien de plus à dire, l'écouter, l'attendre et l'écouter. La poitrine soulevée par le percement d'un tunnel dans la clarté du soleil de printemps. Ce soleil qui sait exhausser, à certaines heures et noyer de brumes électrocutées, à certaines autres.
D'où je viens, nul n'ira vérifier que celà est au delà des constructions émues d'un univers déversé au creux des mains mendiantes. D'où je parle, d'un oratoire de chairs maigres, d'un carême de pain et d'eau, aussi durs l'un que l'autre. Et le timbre de ma voix je l'emprunte pour un temps, ce temps de quelque chose qui vient, que j'écoute et attends, à la caresse appuyée d'un archet sur le mélancolique violoncelle d'un monde qui s'ignore et singe et s'injurie.
14:30 Publié dans Blog, littérature, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, carême, pâques


